L’Europe entre dans une phase décisive de sa transition énergétique : non plus une orientation politique ou environnementale, mais un impératif économique et de souveraineté.
Thomas Herlin, Directeur commercial de Vianeo, était présent au Schneider Electric Innovation Summit Copenhagen 2025 pour écouter, observer et comprendre comment les leaders de l’énergie envisagent cette nouvelle dynamique d’innovation intégrée.
C’est le message fort qui s’est dégagé du sommet, et plus particulièrement de la keynote d’ouverture prononcée par Olivier Blum, Directeur général de Schneider Electric.
Son intervention a posé un diagnostic lucide : la transition énergétique est avant tout un projet de transformation profonde, où la convergence entre électrification, digitalisation et durabilité redéfinit la compétitivité des nations et des entreprises.
L’électrification des usages — transport, habitat, industrie — en constitue la pierre angulaire. Elle marque le passage d’une logique de production centralisée à un modèle distribué, intelligent et décarboné. Mais cette électrification massive ne peut réussir qu’à condition de repenser les chaînes de valeur : sécuriser l’approvisionnement, développer la flexibilité des réseaux, renforcer la capacité de stockage et intégrer les énergies renouvelables dans des architectures interopérables. Autrement dit, c’est toute l’infrastructure énergétique européenne qu’il faut réinventer pour concilier autonomie, stabilité et durabilité.
Face à cette complexité, la digitalisation devient le second pilier stratégique. Olivier Blum a insisté sur le rôle de la donnée, de l’automatisation et de l’intelligence artificielle comme leviers de pilotage en temps réel. Ces technologies ne sont pas seulement des outils d’efficacité : elles permettent de reconfigurer la gouvernance énergétique. Grâce aux jumeaux numériques, à l’analyse prédictive et aux plateformes logicielles intégrées, les entreprises peuvent désormais anticiper leurs consommations, réduire leurs émissions et optimiser leurs investissements. La valeur ne réside plus dans l’énergie elle-même, mais dans la capacité à la gérer intelligemment, à la rendre visible, mesurable et pilotable.
Ce déplacement du centre de gravité — de la production vers la maîtrise — introduit une nouvelle manière de penser la performance : non plus en termes de volumes, mais d’agilité, de collaboration et de résilience. Le défi n’est donc pas uniquement technologique ; il est organisationnel et culturel. La réussite de la transition dépendra de la capacité des entreprises à faire évoluer leurs modèles de décision, à décloisonner leurs structures et à orchestrer leurs écosystèmes. C’est dans cette articulation entre innovation technologique et innovation de gouvernance que se joue l’avenir de l’énergie en Europe.
La keynote d’Olivier Blum a ainsi ouvert un horizon clair : la transition énergétique européenne doit être pensée comme une stratégie collective d’innovation. Elle suppose une coopération étroite entre acteurs publics et privés, une intégration des logiques industrielles et numériques, et une culture d’expérimentation orientée vers la valeur.
Pour les directions de l’innovation et les décideurs, le message est sans équivoque : accélérer la transition, c’est bâtir des modèles énergétiques à la fois performants, inclusifs et durables. Autrement dit, transformer nos interdépendances en leviers de souveraineté.