Startup VS entreprise installée : quelle différence ?

Startup VS entreprise installée : quelle différence ?


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Start-up VS entreprise installée : quelle différence ? Zoom sur la partie financière

Si la différence entre une start-up et une petite entreprise est subjective, elle se résume souvent aux objectifs de croissance et aux prévisions de revenus de l'entreprise. Les start-ups tentent de disrupter les marchés existants ou d’en créer de nouveaux et à générer rapidement des revenus et maintenir une forte croissance hebdomadaire. Les entreprises installées, les grands groupes, en revanche, se fixent souvent pour objectif une croissance stable et à long terme sur un marché existant.

De manière plus simple nous nous accorderons avec la définition de Steve Blank qui explique qu'une startup est une entreprise en quête de son business modèle. Cela signifie que le niveau de développement peut varier : certaines startups peuvent être au stade de l'idée, de la création ou du simple projet quand d'autres ont déjà un produit testé et validé auprès de plusieurs clients mais n'ont pas encore trouvé comment capter une partie de la valeur créé de manière viable et pérenne.

Enfin, une erreur fréquente est de réfléchir en comparant effectifs. Une petite PME de 10 personnes peut être considérée comme une entreprise établie alors que d'autres peuvent compter plusieurs dizaines voir centaines d'employés et rester des startups.

Pour obtenir un regard neuf sur sa gestion financière et se challenger, Vianeo a fait appel à des étudiants Parisien pour une prestation de conseil. Suite à leur excellent travail nous les avons interrogé sur ce business case startup revisité et leurs réponses nous éclairent quant aux différences entre les startups et les entreprises établies.

1. Si vous deviez retenir 3 enseignements de cette expérience, lesquels seraient-ils ? 

Avoir eu l’opportunité de travailler avec Vianeo a été une véritable chance pour nous, étudiants dauphinois. Davantage habitués à travailler pour des entreprises ou cabinets de grande taille, accompagner cette startup a été un challenge que nous avons eu plaisir à relever. Si nous devions retenir trois enseignements de cette expérience, nous mentionnerons en premier lieu l’incroyable capacité de remise en question. En effet, faire appel à des étudiants pour avoir un regard nouveau sur l’activité financière de l’entreprise, tout en acceptant nos conseils pour faire évoluer l’activité a été très encourageant pour nous mais nous a également permis de comprendre la force de Vianeo, à savoir réagir avec efficacité dans son environnement. 

Nous retenons également le travail en agilité : là où des décisions peuvent prendre des semaines avant d’être appliquées dans des entreprises installées, un choix peut être adopté le jour même dans une startup et les résultats escomptés peuvent se percevoir beaucoup plus rapidement. 

Enfin nous retenons le phénomène d’apprentissage qu’il peut y avoir dans une startup. Nous l’avons notamment perçu en ayant été en contact avec Séverine Herlin, PDG de Vianeo : il est nécessaire d’être présent sur tous les fronts, de maîtriser un grand nombre de sujets. Cela favorise donc l’acquisition de compétences, ce qui est très intéressant et stimulant. 

2. Qu’est-ce qui différencie le plus le cadre entrepreneurial du cadre d’une entreprise installée, en terme de stratégie financière ? 

L’entreprise installée est beaucoup plus normée : quasiment toutes les entreprises suivent un budget qui se doit d’être précis, et les écarts constatés doivent être compris et expliqués. Néanmoins, il est souvent reproché au budget d’être déconnecté de la stratégie générale de l’entreprise et d’être « une entreprise à créer du chiffres », dans le sens où l’activité budgétaire est chronophage et les objectifs chiffrés pas forcément compris par tous. 

Le cadre entrepreneurial quant à lui est beaucoup plus libre. Ceci a ses avantages comme ses inconvénients. L’avantage majeur est qu’il permet davantage d’agir en souplesse, là où faire bouger les lignes dans une grande entreprise est largement plus complexe. La contrepartie à cela est de réussir à établir une stratégie financière claire pour répondre à la stratégie globale de l’entreprise, mais également de réussir à avoir des ordres de grandeur à l’esprit tout en étant dans un environnement évolutif. 

3. Cette expérience vous a-t-elle donné envie d’entreprendre ? 

Le monde entrepreneurial peut être complexe : en tant qu’entrepreneur il faut savoir être multitâches, curieux de tout et être prêt à agir sur tous les fronts. Il y a donc un côté bien plus stimulant que dans l’entreprise installée, pour lequel chacun a un rôle bien défini. Avoir accompagné Vianeo nous a ouvert l’esprit sur ce monde que nous ne connaissions pas véritablement.

En sortant de l’université, nous souhaitons dans un premier temps acquérir davantage d’expérience dans une entreprise installée, obtenir un véritable cadre en ayant des compétences totalement acquises, notamment d’un point de vue de la gestion financière et de maîtrise des risques, pour ensuite pourquoi pas s’en affranchir et en se sentant davantage serein pour évoluer dans un univers aussi évolutif et challengeant que celui de l’entrepreneuriat. 

4. Vous qui êtes expert de la finance, quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur qui n’est pas souvent un expert de la finance ? 

La première chose est d’établir un tableau de bord. Il n’est pas nécessaire d’avoir des outils très développés, un Excel complet est, dans les premiers temps, largement suffisant. Dans ce tableau de bord, choisissez les indicateurs les plus pertinents à votre activité et interrogez-vous sur leur pertinence pour avancer. Il est nécessaire de les suivre régulièrement, notamment lorsqu’il s’agit de cash, puisque le cash est le nerf de la guerre ! 

Ensuite, pour développer sa startup de la manière voulue, il est nécessaire de mettre les moyens financiers nécessaires pour répondre aux objectifs souhaités : par exemple, pour répondre à un fort objectif de croissance, il est nécessaire de passer par des investissements commerciaux, marketing et ne pas forcément être frileux dans ses dépenses. Mais attention sur-investissement ne rime pas avec « dépenses sans compter » : les investissements doivent être pertinents, contrôlés et suivis pour s’assurer de la réussite de l’objectif. 

Enfin, si un entrepreneur n’est pas issu du domaine financier et ne se sent pas forcément à l’aise sur ces sujets, il peut être intéressant de faire ce qu’a fait Vianeo, à savoir se renseigner auprès de l’IE Club ou d’Universités, comme l’Université Paris-Dauphine qui travaille en partenariat avec l’IE Club, pour obtenir des conseils d’étudiants formés à ces sujets et appuyés par des experts de la finance. Si nous prenons notre cas, cette expérience a été gagnante/gagnante, puisque nous, étudiants, avons eu le plaisir de travailler sur des sujets concrets dans un secteur que nous ne connaissions pas, et par les conseils que nous avons prodigués, Vianeo a pu bénéficier d’un appui financier et ainsi adopter sa stratégie financière aux objectifs stratégiques formulés. 

Qu’avons-nous appris ?

 

Une entreprise et une startup se différencient par la recherche ou non d'un business modèle. Le nombre d'effectifs dans le groupe, la taille du marché ou le taux de croissance ne sont pas des critères valables selon la définition de Steve Blank, auteur du Lean Start Up.

Du point de vue de la gestion financière, les startups se caractérisent souvent par une grande agilité, une forte capacité de remise en question et une résistance au stress lorsqu'il s'agit de faire des choix rapidement.

L'entreprise installée est plus réglementée et le respect du budget y est d'autant plus important. Dans une startup en revanche, le budget est certes moins stable mais souvent plus connecté à la réalité du marché. C'est d'ailleurs l'un des aspects les plus complexes des grands groupes souhaitant développer un programme d'intrapreneuriat