Lancer son projet : récolter des avis oui mais dans quelle mesure ?


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Quand on se décide à monter une startup, la plupart des experts de l’entrepreneuriat l’affirment : il est absolument nécessaire de récolter un maximum d’avis sur son idée. Le porteur du projet se met alors en quête de points de vues divers et variés venant de ses amis, ses proches, d’autres entrepreneurs etc… Néanmoins face à des retours souvent divergents et parfois contradictoires, quel comportement l’entrepreneur doit-il adopter vis-à-vis de son projet ?

  1. Récolter les bons avis au bon moment
  2. A l’apparition de l’idée, il est clair que la bonne chose à faire est surtout de ne pas s’isoler dans son coin. Une idée qui ne fait que fleurir dans la conscience du porteur de projet sans rencontrer le monde extérieur a tous les risques de ne pas rencontrer un marché à terme. Prendre l’habitude de parler de son idée est essentielle pour observer des réactions, améliorer son pitch et potentiellement pivoter si on sent qu’il y a d’autres besoins qui émergent des discussions. Les arguments défendant l’hypothèse du vol d’idée ne sont pas recevables car une idée tient avant tout à la personnalité, à l’histoire personnelle et à l’expérience de celui qui la porte. Aucune autre personne ne sera capable de la porter de la même manière.

    Au-delà de l’idée, le modèle économique de l’entreprise et toute la stratégie marché de l’entreprise peuvent être sujet à une confrontation d’opinion avec l’extérieur pour trouver la bonne formule. Lorsque le projet est déjà en construction, il est également sage de tester son produit sur le marché rapidement. Poser des questions ouvertes sur les besoins, faire une première version d’une solution et récolter les avis de sa cible est primordial pour connaître les défauts de sa vision et de son produit en vue d’une amélioration en accord avec les besoins.

  3. Faire le tri dans les avis collectés
  4. Récolter des avis c’est bien, savoir lesquels écouter c’est mieux. Souvent, si un tel processus de feedback est mis en place par les porteurs de projet, ceux-ci se retrouvent vite avec une pléiade d’avis sur leur idée, leur modèle économique ou encore leur produit s’ils sont dans un stade avancé. Il est alors nécessaire de faire la part des choses. Au niveau du produit, il faut toujours chercher à avoir l’avis uniquement de sa cible. Cette démarche doit être qualitative pour avoir de réelles précisions sur les améliorations à apporter. Pour ce qui est du modèle économique, s’adresser à des experts de l’entrepreneuriat plutôt qu’à des amateurs est forcément une bonne manière de faire (consultants, incubateurs etc…). Ces personnes voient défiler de nombreux modèles économiques chaque jour et sont donc à même de vous donner un avis constructif. Sinon sur l’idée elle-même, Il est toujours compliqué de sonder sa cible au début de l’aventure. Néanmoins, faire cet effort et rédiger un questionnaire pour aller chercher des avis de cibles bien identifiées, n’est jamais vain. Il ne faut donc pas se limiter à son cercle d’amis et de proches qui est parfois limité en termes de compréhension du secteur, surtout que leurs avis sont souvent biaisés par la proximité relationnelle.

  5. Certains avis ne doivent pas être écoutés
  6. Bien qu’un point de vue de cible sur le produit, si celui-ci est signifiant en termes de nombre de retours et qualifié, est incontestable de vérité, qu’en est-il des avis concernant l’idée ? Bon nombre d’idées semblent au premier abord farfelues, irréalisables voire grotesques… Steve Jobs était moqué au niveau de la démocratisation de l’ordinateur, Eberhard, Tarpenning et Musk l’étaient pour la voiture électrique. On connaît pourtant les succès retentissants aujourd’hui d’Apple et Tesla. Oussama Ammar, co-fondateur de The Family, résume : «Les bonnes idées sont celles qui ont l'air d'être des mauvaises mais qui sont en fait des bonnes idées.»

    Tout dépend du potentiel de disruption du projet. Lancer une idée à caractère disruptif faible en proie à de l’innovation incrémentale a plus de chance d’être perçu comme une bonne idée par le « public » (ce qui englobe les proches, les amis et même parfois les cibles qui ressentent un besoin uniquement latent sur la question). Néanmoins, le potentiel changement que le porteur du projet veut faire apparaître dans le monde est moins important alors que les conditions de réalisation, elles, sont souvent plus favorables. D’un autre côté, une idée qui peut sembler être mauvaise au premier abord peut s’avérer avoir un impact fort et prometteur. Ce genre de projet requiert cependant une dose de volonté et une preuve de légitimité de la part du porteur (cf 5 preuves de valeur de l’innovateur) encore plus conséquente, les ambitions et les rêves devant s’aligner avec la réalité. De plus, avec un potentiel disruptif élevé, les collaborateurs du projet peuvent être plus aisément galvanisés.


Se lancer dans un projet innovant est toujours un acte important empreint d’incertitude constante. Rares (voire inexistantes) sont les personnes qui peuvent prédire l’avenir des projets vu la multiplicité des paramètres à prendre en compte qui se rejoignent tel un puzzle au fur et à mesure de l’avancement du projet. C’est pourquoi, bien que demander des avis constamment sur de nombreux aspects de son projet soit absolument primordial, chaque porteur doit au bout d’un moment prendre une décision en accord avec sa certitude et sa détermination à rendre le projet réel. A Vianeo, nous appelons cela le « Business Discernement ». En effet, si Musk avait écouté la plupart de gens autour de lui, les exploits réalisés par SpaceX et Tesla ne se seraient jamais concrétisés… et beaucoup d’autres projets plus modestes en sont la preuve !

Vladimir Oustinov - Business Developer