3 difficultés rencontrées par les intrapreneurs dans les grands groupes


Blog


Nos expériences d’accompagnement des programmes d’intrapreneuriat nous permettent de constater certaines difficultés rencontrées régulièrement par les équipes porteuses de projets innovants/exploratoires dans les grands groupes.

En voici 3:

1- Sentir que la problématique traitée par le projet est téléguidée par les dirigeants même si l’intention de départ était officiellement de laisser explorer les équipes.

Ici se pose la question du sponsoring du projet. Il est indispensable d’avoir un sponsor interne pour ouvrir les portes, pour gérer la politique interne notamment. Et en parallèle, il faut rester en capacité d’explorer sans entraves...
Pour résoudre le problème le sponsor devrait être celui qui favorise les deux mais pour cela il faut qu’il soit suffisamment libre lui-même au sein de l’organisation.

A ce sujet, j’ai en tête une équipe de collaborateurs particulièrement motivée et impliquée dans un projet dont elle sentait progressivement la volonté des dirigeants de l’orienter vers un axe qui n’était pas le leur... et dont elle comprenait que « l’agenda » leur échappait ... la frustration montait…
Autre cas bien connu, le projet Nespresso n’aurait jamais vu le jour si l’inventeur n’avait pas trouvé en interne un sponsor influent et convaincu de la valeur du projet...

2- Ne pas s’accorder au sein de l’équipe et avec les sponsors internes sur la vision de là où se situe le véritable espace d’opportunité (besoins non satisfaits) pour une innovation.

Ici se pose la question du partage de convictions qui s’appuient parfois encore sur des éléments très hypothétiques et subjectives dans les phases d’exploration.
Pour résoudre le problème, il faut à tout prix synthétiser et rationaliser ces convictions disparates. La matrice Désirabilité proposée par la méthode Vianeo en est un excellent moyen.

Une équipe dans un groupe médical travaillait sur le sujet de la médecine ambulatoire. Vaste sujet se resserrant progressivement autour de l’accompagnement à l’hôpital. Mais les discussions allaient bon train pour identifier les plus gros « pain points » : est-ce dans la gestion administrative des patients ? Dans la communication aux patients en amont, le jour J et en aval ? Et quid des médecins et de leurs relation au patient le jour J ?... Autant d’espaces d’opportunité potentiels sur lesquels s’accorder.

3- Ne pas croire au projet, voire le stopper, si l’espace d’opportunité identifié correspond à une niche.

Ici se pose la question de l’entrée de l’innovation sur le marché. Elle se fait en général « par la petite porte » et c’est cette petite porte qui offre l’opportunité d’apprendre sur la réalité des besoins et la réelle capacité à y répondre. Sur une niche pas de crainte d’avancer par « essai/erreur ». La niche permet d’apprendre pour ensuite étendre la solution consolidée à d’autres cibles. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’à ce stade de la réflexion, quantifier les cibles potentielles ne sert pas forcément à grand chose car c’est rarement le bon critère pour prioriser ! Mieux vaut une offre qui répond à des besoins cruciaux pour une cible étroite qu’une offre qui répond à des besoins “mous” pour une cible large !

Lors d’un récent échange avec le dirigeant de parkings, celui-ci me disait qu’ils avaient stoppé un projet de location de poussettes et sièges auto car cela répondait au besoin de trop peu de gens. Mais quid justement de lancer une expérimentation sur cette petite cible ayant un véritable « need to have » et étudier par ce biais l’intérêt d’un futur service personnalisé élargi à tout type de cibles et de besoins ? Nul ne ne le saura s’il n’essaie.

Ces 3 difficultés trouvent leur essence dans la peur de l’incapacité de prédire et d’agir en contexte incertain dans nos organisations ... Le changement des modèles mentaux s’impose comme l’expose dans cet article Philippe Silberzahn.

Suivez nos publications, notre prochain article portera sur les forces de ces équipes intrapreneuriales.