Objectif de développement durable N°3 : les entrepreneurs mobilisés pour démocratiser le sport


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Permettre aux personnes de pratiquer une activité physique, quelle que soit leur situation personnelle, voilà une noble cause ! États et entreprises travaillent de concert pour faire rimer « projets » avec « accessibilité ».

 

Sommaire

  1. Une vie plus saine pour chacun(e)
    Les ODD : piqure de rappel
    Réduire les déséquilibres avec l’ODD 3
    Sport et développement durable : des liens évidents
  2. Les entreprises se lancent dans la course
    Des athlètes-entrepreneurs qui voient loin
    Quand les startups font bouger les lignes
  3. Qu’avons-nous appris ?
 

1. Une vie plus saine pour chacun(e)

 

Les ODD : piqure de rappel

 

Les Objectifs de développement durable, plus communément appelés ODD, nous invitent à agir de manière raisonnée pour préserver la planète et améliorer le sort des plus démunis. Ces objectifs ont été validés en 2012 à Rio, au cours de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable. L’année 2030 sert de point de repère aux États membres pour la réalisation des 17 objectifs. Il reste bien évidemment de nombreuses actions à mettre en place pour tenter de tenir les délais et d’offrir à chacun un monde prospère et plus sûr.
Dans cette course contre la montre, les entreprises ont plus que jamais leur mot à dire. Nous vous avions d’ailleurs parlé récemment de l’ODD 12 et du rôle central des grands groupes et startups pour encourager un mode de production/consommation plus « responsable ». Nous allons aujourd’hui nous intéresser à l’ODD 3 (« bonne santé et bien-être ») en tissant un parallèle entre ses objectifs et le monde du sport.

 

Réduire les déséquilibres avec l’ODD 3

 

L’Objectif de développement durable N°3 est ambitieux. Il vise à promouvoir le bien-être à tout âge et à permettre à chaque individu de vivre sainement, selon un principe d’équité. Les Nations Unies souhaitent ainsi lutter contre les inégalités sociales et les fortes disparités entre les pays.

À titre d’exemple, l’espérance de vie à la naissance au Japon est de 88 ans pour les femmes (82 ans pour les hommes). Au Nigeria, elle retombe à 57 ans pour les femmes et 55 ans pour les hommes (Source : Insee et ONU).

L’abandon de certaines communautés est également montré du doigt par les Nations Unies, qui estiment que 1,6 milliard d’individus vivent actuellement « dans des environnements fragiles ». L’ONU fait également ce constat effrayant : toutes les deux secondes dans le monde, un être humain âgé de 30 à 70 ans « meurt prématurément de maladies non transmissibles ».

 

Réduire les déséquilibres avec l’ODD 3

 

Il n’est un secret pour personne que la pratique sportive a un effet positif sur la santé et la vie sociale des individus. Outre le développement des aptitudes physiques, elle permet de lutter efficacement contre certaines maladies non transmissibles. Les études de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) prouvent que le sport peut aussi avoir des effets bénéfiques sur les fonctions cognitives et la santé mentale des personnes, réduisant ainsi le risque de dépression. L’activité physique chez les personnes en situation de handicap permet également à ces dernières de rompre l’isolement (et de lutter contre les idées reçues par la même occasion).

Les liens entre le sport et les objectifs fixés par l’ODD 3 sont donc évidents. L’Assemblée générale de l’ONU a d’ailleurs adopté en 2018 une résolution au titre explicite : « Le sport, facteur de développement durable ». Elle incite les États membres et les acteurs du monde sportif et de l’entrepreneuriat à se mobiliser pour développer la pratique du sport. La résolution réaffirme de cette façon le rôle essentiel du sport pour la santé et l’autonomisation des individus, sans oublier l’inclusion sociale.

Les entreprises ont donc leur carte à jouer pour « démocratiser » le sport et le rendre accessible au plus grand nombre. Sur ce terrain-là, ce ne sont pas les initiatives qui manquent, comme nous allons le voir maintenant.

 
 

2. Les entreprises se lancent dans la course

 

Des athlètes-entrepreneurs qui voient loin

 

La deuxième édition de la Global sports week, organisée à Paris en février, a de nouveau rassemblé les acteurs du monde sportif autour de projets fédérateurs. L’événement a été l’occasion pour l’AFD (Agence française de développement) et Tony Estanguet, président de Paris 2024, de mettre en avant leur programme d’incubation. 26 athlètes-entrepreneurs ont ainsi été sélectionnés pour mener à bien des projets ambitieux, en France et dans dix pays africains. Ces projets visent notamment à promouvoir l’égalité hommes-femmes ou à faciliter l’insertion des personnes en situation de handicap.

Parmi les projets retenus, on peut notamment citer l’idée de la basketteuse sénégalaise Aby Gaye, qui souhaite aménager des camps de basketball à destination des jeunes, afin de leur permettre de gagner en confiance. Le nageur togolais Roger Amegbeto ambitionne quant à lui de créer la toute première piscine accessible aux habitants du Togo. L’athlète souhaite ainsi promouvoir sa discipline et démontrer de cette manière « les bienfaits du sport sur la santé ».

Les athlètes seront accompagnés pendant huit mois, avec ateliers d’idéation et bootcamps au programme. Définition du besoin et des attentes, élaboration d’un modèle économique viable et pérenne, recherche des outils de communication… Tout est mis en œuvre pour la réussite de leur projet.

 

Quand les startups font bouger les lignes

 

Rendre le sport plus accessible, quel que soit le statut social ou le handicap de la personne, n’est pas une mince affaire. Nous vous proposons de découvrir quelques startups qui ont su franchir tous les obstacles et proposer des solutions innovantes pour faire bouger les choses.

Nous vous proposons de découvrir quelques-unes de ces startups :

  • Playmoovin. On dénombre aujourd’hui près de 240 000 enfants à mobilité réduite en France. Forts de ce constat, les responsables de la start-up française Playmoovin’ ont eu une idée originale : concevoir des fauteuils roulants pour les enfants valides. Ceci afin de leur permettre de faire du sport avec leurs camarades en situation de handicap, dans les mêmes conditions.
    L’entreprise cherche ainsi à mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. Le fauteuil est doté d’une coque en polyéthylène et est équipé de sangles de maintien. Il peut être utilisé pour tous les sports de contact, comme le rugby ou le handball. Une trentaine de fauteuils ont pu être livrés en 2021 à la Fédération française de sports pour tous, à Noisy-le-Grand.
  • GoMyPartner. Pratiquer régulièrement une activité sportive peut être bénéfique pour la santé, mais pas toujours bon pour le portefeuille. Les tarifs d’inscription aux clubs sont en effet souvent élevés, sans parler des équipements nécessaires à la pratique sportive. Partant de ce principe, la start-up lilloise GoMyPartner a lancé une application permettant de faire disparaitre en partie ces coûts démesurés.
    Le fonctionnement est simple : vous effectuez un achat chez un partenaire de GoMyPartner (une enseigne de la grande distribution ou un opérateur de télécommunications, par exemple). Un pourcentage du montant payé est alors versé directement sur votre cagnotte. Il est ainsi possible de récupérer en moyenne près de 250 euros par an pour financer une activité sportive. Le sport pour toutes et tous, à moindres frais, voilà ce que propose GoMyPartner.
  • Kurage. La démarche de la start-up lyonnaise est ambitieuse. Kurage souhaite donner les moyens aux personnes handicapées moteur de pratiquer une activité physique malgré leur handicap. L’application développée par l’entreprise est intégrée dans un stimulateur, qui va transmettre les informations aux muscles par le biais d’ondes électriques. Le système, qui peut être installé sur un rameur ou un vélo et sur des vêtements dits « intelligents » (comme des shorts équipés de capteurs), va permettre de mobiliser les membres paralysés.
  • Hubbster. La start-up danoise a obtenu la mention « Sport & territoires » du Prix EDF pulse, sport et innovation 2020. Hubbster utilise la pratique sportive comme moyen de lutter contre l’isolement des populations urbaines, en aidant ces dernières à se réapproprier l’espace public. Pour y parvenir, l’entreprise dispose des coffres sur les terrains de jeux publics, contenant raquettes, ballons et autres balles de jeux. Bref, tous les accessoires nécessaires à la pratique d’un sport.
    Le sportif n’a plus qu’à installer l’application dédiée sur son smartphone. Elle le renseigne sur les sports accessibles dans sa zone et peut même lui trouver un partenaire de jeu ! Si le matériel n’est pas disponible dans l’immédiat, le joueur a la possibilité de se mettre sur liste d’attente. Un seul clic sur le smartphone suffit pour déverrouiller le coffre.
  • I Wheel Share. On estime à 12 millions le nombre de personnes en situation de handicap en France. Parmi elles, seules 5,5 % pratiquent une activité physique régulière. En cause : les problèmes d’accès aux infrastructures et le manque d’informations sur les lieux adaptés. Les dirigeants de la start-up française I Wheel Share ont donc eu l’idée de concevoir un chatbot (également appelé « robot dialogueur ») qui puisse livrer toutes les informations utiles par le biais de l’application Messenger.
    Le dispositif tient compte de la zone géographique de l’utilisateur et de son handicap pour l’informer des clubs et installations accessibles à proximité. Les moyens de transport pour se rendre sur place sont également détaillés à l’internaute. I Wheel Share a décroché la mention « Sport & inclusion » du Prix EDF pulse, sport et innovation 2020.
  • Winwin Afrique.La start-up française est à l’origine du programme Agora, qui a pour objectif de construire des installations sportives en Afrique. Ces dernières sont situées à proximité des services de santé, d’éducation et d’emploi des jeunes. La première agora a été inaugurée par le président de la République française Emmanuel Macron à Abidjan, en décembre 2019, à l’occasion de son déplacement en Côte d’Ivoire.
    Les dirigeants de la start-up espèrent pouvoir mettre en chantier dix nouvelles agoras en Côte d’Ivoire cette année. Winwin Afrique fait partie des six lauréats de la 17e édition des Trophées Sporsora du marketing sportif, qui récompensent les projets responsables, engagés et novateurs dans le milieu du sport.
 

Qu’avons-nous appris ?

  • Les Objectifs de développement durable nous offrent l’opportunité d’offrir à chacun(e) un monde plus sûr à l’horizon 2030. Parmi les 17 objectifs définis, l’ODD 3 nous invite à trouver des solutions pertinentes pour améliorer la santé et le bien-être des individus, quelle que soit leur origine ou leur situation personnelle.
  • Il existe des « connexions » évidentes entre le sport et les objectifs de l’ODD 3. L’activité physique régulière améliore en effet la santé des individus et leur permet de s’intégrer à leur communauté et de tisser du lien social. Il n’est donc pas surprenant que l’ONU ait adopté en 2018 une résolution incitant les États membres à tout mettre en œuvre pour démocratiser la pratique sportive.
  • Les entrepreneurs peuvent apporter leur pierre à l’édifice et proposer des idées innovantes pour la réalisation des objectifs de l’ODD 3. Un incubateur a d’ailleurs vu le jour en début d’année pour aider des athlètes-entrepreneurs à concrétiser des projets à fort impact social.
  • De nombreuses startups participent à l’effort national (et international), avec des produits et services améliorant le quotidien des personnes en situation de handicap. Une manière de mettre tout le monde sur le même pied d’égalité.
 

© Vianeo

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