Objectif de développement durable N°12 : le rôle décisif des entreprises pour optimiser nos modes de production/consommation


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Qui dit « activité humaine » dit « impact environnemental ». Les Objectifs de développement durable des Nations Unies sont là pour nous ramener à la raison, en nous poussant à agir avant qu’il ne soit trop tard. Les entreprises ont tout intérêt à prendre leur part de responsabilité dans la réalisation de ces objectifs, notamment par l’intermédiaire du fameux « ODD 12 ».

 

Sommaire

  1. Relever les défis de demain
    17 objectifs pour une seule planète
    L’ODD 12 : optimiser nos modes de production/consommation
  2. Les entreprises appelées à la rescousse
    Quand les grands groupes s’y mettent
    Et les startups dans tout ça ?
  3. Qu’avons-nous appris ?
 

1. Relever les défis de demain

 

17 objectifs pour une seule planète

 

Les Objectifs de développement durable (ou ODD) ont émergé au moment de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, organisée à Rio en 2012. Ces 17 nouveaux « défis » prennent ainsi la suite des OMD (Objectifs du millénaire pour le développement). Les ODD visent à mettre en place toutes les actions possibles à l’échelle mondiale d’ici 2030, afin de protéger l’environnement, d’instaurer un climat de paix et de prospérité et d’éradiquer la pauvreté. Bref, de proposer un monde plus sûr aux nouvelles générations.

Les 17 Objectifs de développement durable sont liés les uns aux autres et impliquent de nombreux domaines : changement climatique, énergies propres, vie aquatique, égalité des sexes, scolarisation des enfants à travers le monde, etc. Surtout, ces objectifs demandent un investissement conséquent en mobilisant toutes les ressources nécessaires : financières, technologiques, mais aussi humaines. États, entreprises, monde associatif et citoyens sont ainsi invités à participer à la réalisation de tous les ODD.

 

Penchons-nous sur l’objectif qui nous intéresse aujourd’hui : l’ODD12.

 

L’ODD 12 : optimiser nos modes de production/consommation

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • En 2050, nous pourrions atteindre les 9,6 milliards d’êtres humains sur Terre. Si nous persistons à ne pas changer nos modes de production/consommation, il faudrait alors l’équivalent de trois planètes pour produire les ressources jugées « nécessaires ».
  • Nous gaspillons approximativement 1,3 milliard de tonnes de nourriture chaque année. À l’heure actuelle, près de 2 milliards d’individus souffrent de faim/malnutrition.
  • Le secteur alimentaire et ses activités représentent près de 22 % des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale.

Fort de ce constat, l’ODD 12 (consommation et production responsables) nous invite à changer nos habitudes, voire à freiner nos ambitions. États, producteurs et consommateurs sont ainsi invités à revoir leur copie et à réduire leur empreinte écologique. Il s’agit notamment d’optimiser la gestion de nos ressources naturelles et de réfléchir à la manière d’éliminer les polluants et autres déchets toxiques qui encombrent la surface de la Terre. Diminuer de moitié le gaspillage alimentaire, favoriser le recyclage et la réduction des déchets, aider les pays en développement… Les objectifs de l’ODD 12 restent ambitieux.

Les 11 cibles de l’ODD 12 :

  • 12.1 - Mise en chantier du Cadre décennal de programmation pour les modes de production/consommation durables.
  • 12.2 - Gestion durable et utilisation rationnelle des ressources naturelles.
  • 12.3 - Lutte contre le gaspillage alimentaire.
  • 12.4 - Gestion plus écologique des produits chimiques et des déchets.
  • 12.5 - Diminution significative de la quantité de déchets.
  • 12.6 - Adoption par les entreprises de pratiques viables, en lien avec la responsabilité sociétale des entreprises.
  • 12.7 - Choix de pratiques durables pour les marchés publics.
  • 12.8 - Permettre à chaque individu d’accéder à l’ensemble des connaissances sur le développement durable.
  • 12.a - Venir en aide aux pays en développement pour qu’ils puissent se tourner vers des modes de production/consommation durables.
  • 12.b - Encourager un tourisme durable avec emplois à la clef, qui valorise aussi bien la culture que les produits locaux.
  • 12.c - Revoir les politiques de subvention de l’énergie, pour un fonctionnement plus rationnel.

Et en France, où en sommes-nous au niveau de l’ODD 12 ? Petit point sur la situation actuelle, avec quelques chiffres :

  • En 2020, 152 projets d’écologie industrielle et territoriale ont vu le jour sur le territoire français. Source : Ademe et Insee, 2021.
  • En 2018, 12,10 millions de tonnes de déchets dangereux ont été produites en France. Un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes (10,8 millions de tonnes en 2014 et 11 millions de tonnes en 2016). Source : SDES-Ademe et Insee, 2021.
  • L’économie circulaire représente près de 545 000 postes en France (source : ministère de la Transition écologique et solidaire, 2017).

En 2019, le réseau des solutions pour le développement durable des Nations Unies (SDSN) et l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) notaient que la France devait encore faire des progrès sur le plan environnemental.

 

2. Les entreprises appelées à la rescousse

 

Quand les grands groupes s’y mettent

 

Les objectifs fixés par l’ODD 12 n’impliquent pas que les États membres ou le monde associatif. Les entreprises ont plus que jamais, elles aussi, un rôle à jouer. En France, certains grands groupes ont déjà pris la mesure du problème et ont mis en place un certain nombre d’actions : réduction des déchets, recyclage des produits…

  • Carrefour. L’enseigne française, qui représente un des acteurs majeurs du secteur de la grande distribution, a mis en place un plan Antigaspi. Le groupe s’engage ainsi à diminuer de moitié les déchets alimentaires pour ce qui concerne la distribution. Carrefour cherche à réduire les pertes de denrées alimentaires au niveau des chaînes de production et d’approvisionnement. Le groupe tente ainsi de répondre aux objectifs fixés par la cible 12.3 de l’ODD 12 (gaspillage alimentaire).
  • Orange. L’entreprise française de télécommunications s’implique dans plusieurs Objectifs de développement durable, notamment les ODD 12 et 13 (mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques). La société agit ainsi sur plusieurs tableaux : l’efficacité énergétique des infrastructures, le recours aux énergies renouvelables et la mise en place d’une économie circulaire (augmentation de la durée de vie et recyclage des produits pour une meilleure utilisation des ressources).
  • BNP Paribas. Le groupe bancaire a intégré les 17 Objectifs de développement durable à sa stratégie RSE. Du côté de l’ODD 12, BNP Paribas contribue depuis 7 ans au financement des émissions d’obligations vertes dans les domaines du recyclage et de la gestion des déchets. En 2017, le groupe a émis une obligation verte à destination d’Helvetia Environnement, entreprise suisse spécialisée dans la collecte et la gestion des déchets.
  • Sanofi. Le secteur de la santé s’implique aussi dans les Objectifs de développement durable. L’entreprise française Sanofi a pris certains engagements concernant l’ODD 12 : la réutilisation/revalorisation ou le recyclage d’au moins 90 % des déchets produits à l’horizon 2025, mais aussi un taux de mise en décharge qui passerait sous la barre des 1 %. S’agissant des produits pharmaceutiques présents dans l’environnement, Sanofi se fixe pour objectifs le suivi, la gestion et la diminution des émissions de chaque site de production d’ici 2025.
 

Et les startups dans tout ça ?

 

Les grandes entreprises ne sont pas les seules à apporter leur pierre à l’édifice. En France, de nombreuses startups participent à l’effort national en proposant des projets novateurs pour responsabiliser les entreprises et rationaliser les chaînes de production.

Nous vous proposons de découvrir quelques-unes de ces startups :

  • Umiami. Les fondateurs de Umiami sont partis d'un constat simple : la viande, c'est délicieux, mais la production est très coûteuse pour la planète. Alors pourquoi ne pas imaginer des alternatives toutes aussi délicieuses, mais à base de plantes ? Qui sont meilleures pour nous, pour la planète, pour les animaux ? Umiami propose de manger tous les plats traditionnels sans compromis.
  • Phenix. Cette startup lutte au quotidien contre le gaspillage alimentaire. Le principe est simple : les invendus des grandes surfaces ou des restaurants sont récupérés par Phenix. Ils sont ensuite revendus aux particuliers à moindre coût ou sont confiés aux mains expertes de responsables d’associations caritatives. La méthode permettrait ainsi de sauver près de 120 000 repas par jour (l’équivalent de 50 tonnes de déchets). Une démarche ambitieuse qui a permis à la startup d’obtenir le label B-Corp (Benefit corporation) et l’agrément Esus (Entreprise solidaire d’utilité sociale).
  • CleanCup. Les gobelets jetables ont aussi un impact sur l’environnement. La Loi sur la transition énergétique interdit d’ailleurs depuis janvier 2020 l’utilisation de gobelets plastiques à usage unique. La startup CleanCup n’a pas attendu cet ultimatum pour se lancer dans la bataille. Elle propose ainsi aux entreprises une borne multifonction accompagnée de verres réutilisables. Le principe : une fois sa pause-café terminée, l’usager n’a plus qu’à replacer son verre dans la machine. Celui-ci est ensuite nettoyé automatiquement avant d’être remis en service.
  • Love Your Waste. Cette startup s’occupe de collecter, trier et valoriser les biodéchets provenant de la restauration collective. Ces déchets sont récoltés par des personnes en situation de réinsertion professionnelle avant d’être confiés à des agriculteurs. Ils sont ensuite valorisés en biogaz/engrais organiques. Love your waste ne s’arrête pas là. La startup propose en effet des formations à tous les acteurs du secteur afin de les sensibiliser (personnel, clients…).
  • Lemon Tri. La startup a conçu des appareils permettant de récolter canettes en métal, gobelets et autres bouteilles en plastique. But de la manœuvre : inciter les usagers à déverser ces déchets dans la machine en leur offrant un petit cadeau en retour. Ce dernier peut revêtir différentes formes : loterie avec jeton/ticket, microdon de 2 centimes d’euro… Les déchets récupérés sont ensuite compressés, puis conditionnés avant d’être revendus à un centre de recyclage. Le succès semble au rendez-vous pour Lemon Tri : les responsables de la startup ont pu ainsi installer leurs machines dans de nombreuses entreprises françaises (Axa, Auchan, Carrefour, Michelin, Décathlon, le Crédit Foncier…).
 

Qu’avons-nous appris ?

  • Les 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies représentent en quelque sorte le plan de la « dernière chance » pour les États. Ils doivent ainsi leur permettre d’apporter des réponses concrètes aux grands défis de notre temps : changement climatique, réduction des inégalités, pauvreté, mais aussi croissance économique, paix, justice…
  • Les moyens financiers et technologiques actuels ne suffiront pas pour réaliser ces objectifs. Toutes les bonnes volontés sont donc appelées à participer à l’effort collectif. Dans ce grand échiquier, les entreprises ont toute leur place. Elles doivent s’atteler à la tâche afin de proposer des solutions ou des alternatives.
  • L’ODD 12 ambitionne de mettre en place des modes de consommation et de production « responsables ». Deux grands axes émergent parmi les 11 cibles de l’ODD 12 : la gestion des ressources naturelles et le traitement des déchets.
  • De nombreuses entreprises françaises semblent avoir pris conscience de l’urgence de la situation et participent activement à la réalisation des objectifs de l’ODD 12. Parmi elles, on retrouve des acteurs majeurs de la grande distribution ou du secteur bancaire. Les startups ne sont pas en reste et proposent également de leur côté des projets novateurs, destinés à réduire l’impact des activités humaines sur l’environnement.
 

© Vianeo

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