L’innovation dans l’œuf : la puissance des cellules souches pour valoriser l’innovation


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Rédigé par Olivier Eschapasse

Prenons la métaphore de l’œuf considéré comme une innovation. Si on considère l’œuf comme point de départ pour explorer ses marchés potentiels, on peut définir un petit nombre d’offres répondant à un grand nombre d’usages : «à la coque », « sur le plat », « en omelette » (avec toutes les déclinaisons possibles), en poudre, … Le domaine économique concerné est déjà large et englobe la consommation d’œuf et toute la chaine de valeur liée à sa production, sa transformation et sa distribution. Mais une fois ces marchés ultra concurrentiels satisfaits que peut-on faire pour se développer ? Une nouvelle approche est possible, qui nous parait opérante pour répondre à cette question.

Identifier la richesse intrinsèque contenue dans l’innovation

Considérons l’œuf comme un ensemble fini composé de 4 sous-ensembles eux-mêmes finis : la coquille, le jaune et le blanc, la membrane. Ces 4 éléments constituent les 4 »cellules souches » de l’innovation « œuf » et elles vont nous aider à construire des univers d’offre. Pourquoi « cellules souches » ? Parce qu’à partir d’elles, on va pouvoir construire de multiples combinaisons en fonction des situations, comme une cellule souche de notre corps va permettre de reconstituer un tissu, un organe ou autre chose encore. Le blanc d’oeuf répond à des besoins multiples : par exemple il peut être monté en neige (toute l’industrie pâtissière et de l’émulsion en utilise), servir de liant pour des pigments, être associé à des colles ou utilisé tel que par l’industrie pharma. La membrane n’est intéressante que comme source abondante et variées de protéines : cette « cellule souche » est peu transformable et ne concerne que peu d’usages mais à forte valeur ajoutée. Idem pour le jaune ou la coquille. L’analyse des composants les plus accessibles et pertinents (Jaune, Blanc, Membrane et Coquille) permet d’envisager des champs d’usages et donc de valorisation très élargis par rapport à notre approche initiale (l’œuf). Ces composants de base constituent les «cellules souches » de l’innovation à partir desquelles on va construire des offres pertinentes répondant à des besoins pour accéder au marché. La « brique de base » déjà évoquée composée de l’œuf dans son intégrité est une offre parmi d’autres. Elle est déjà la combinaison de 4 cellules souches.

 

Stratégie de conquête ou stratégie de symbiose ?

Trop souvent, les méthodes traditionnelles de définition de l’accès au marché des innovations utilisent des approches déterministes qui ne permettent pas d’identifier et d’exploiter le champ des possibles. Trop souvent, on part d’une offre prédéfinie d’emblée puis on construit une stratégie pour la conduire vers son marché (stratégie de conquête). Cette démarche réduit et souvent même masque les potentialités d’usage de l’innovation. En outre,, ces offres sont construites sur des « premières idées », généralement les plus évidentes, alors que d’autres, plus innovantes, pourraient être constituées en partant du niveau des « cellules souches » (d’où leur nom et la métaphore). C’est certainement l’une des raisons pour lesquelles la recherche scientifique rencontre de telles difficultés pour la valorisation de ses innovations : celle-ci étant très loin de la réalité du marché, sa capacité à imaginer des usages et donc à concevoir des offres créatives et pertinentes est limitée. C’est pour cela que, dans notre approche, nous commençons par « démonter le moteur » de l’innovation de notre porteur de projet pour en identifier les « cellules souches » ; ensuite nous repérons qui pourrait avoir besoin de tout ou partie d’entre elles et selon quelle combinaison. Pour répondre aux besoins exprimés par ces « demandeurs », nous aidons alors l’innovateur à construire des offres (souvent inattendues), sûres de trouver un marché puis qu’elles satisfont des clients en attente de solution.