Intrapreneuriat grand groupe : après 13 ans voici nos clés de succès


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Intrapreneuriat grand groupe : difficultés rencontrées et les clés de réussite

L’intrapreneuriat a le vent en poupe depuis maintenant quelques années. En effet, les grandes entreprises sont structurellement trop rigides pour être aussi innovantes qu’une start-up. Leurs capacités à pivoter est moindre et les coûts d’une erreur stratégiques sont très forts.

Pourtant, l’innovation est la clé de voûte de la prospérité d’une entreprise. Au fil des années, certaines entreprises comme Google ont alors entrepris des démarches visant à faire éclore les idées. Afin d’exploiter le plein potentiel de leurs collaborateurs, ces sociétés ont mis en place une organisation propice aux intrapreneurs.

N’importe quel salarié pouvait désormais travailler en interne sur le développement d’un projet en toute liberté. Cependant, cette démarche bien que louable sur le principe, est dans les faits, souvent limitée, les équipes rencontrant de nombreuses difficultés. Elle implique une structuration bien spécifique et une mise en place complexe, en plus d’un gros travail de sensibilisation.

A/ Instaurer une culture intrapreneuriale

Pour commencer, il est nécessaire de créer un environnement propice à l’innovation et à la prise d’initiative. La méthode la plus simple est la mise en place d’un incubateur, un laboratoire, ou un espace quelconque dédié à cet objectif. Il est nécessaire également d’assigner une équipe à sa gestion, qui sera chargé de piloter ce projet interne et faciliter les initiatives intrapreneuriales.

Le débat startup vs entreprise est toujours et restera d'actualité lorsque qu'il s'agit de réflexions stratégiques. Si un entrepreneur classique est souvent limité par un réseau restreint et des compétences limitées, l’intrapreneur peut profiter de l’expertise et des connaissances de sa société et de ses membres. On comprend vite l’utilité pour le créateur de projet et la volonté de plus en plus d'employés de devenir intrapreneurs. La mise en place d’une structure lui donnant accès à cette ressource est donc vitale pour palier aux contraintes et rigidités des entreprises installées face aux startups plus agiles.

Faire adopter une nouvelle culture est toujours complexe pour une entreprise, un chef de projet est donc essentiel. Cependant ce dernier doit comprendre que le soutien de la direction est primordial.

Les bénéfices de ces démarches sont souvent incertains et les risques non négligeables. Ajouté à cela qu’il s’agit d’une démarche encore peu connue et maîtrisée par de nombreux acteurs et on comprend la difficulté de la tâche.

Autre point important, il faut créer un cadre juridique très précis entre les différentes parties prenantes des projets. Retenez qu’entre l’équipe de l’incubateur, l’entreprise, le service ressources humaines et le salarié, les relations sont complexes. Des questions de propriétés intellectuelles, de répartitions des actifs ou de gestion des projets validés vont nécessairement être soulevés et générer des conflits très sérieux si aucun cadre n’a été créer préalablement.

B/ Eviter les pièges

Une démarche entrepreneuriale présente de nombreux écueils qu’il faut apprendre à éviter lorsque l'on lance son propre programme d'intrapreneuriat, notamment concernant la démarche et l’état d’esprit. L’intrapreneur n’échappe pas à la règle.

En effet, s’il dispose d’avantages non négligeables pour piloter son projet, en ressources humaines, matériels et informationnels par exemple, sa position est aussi plus complexe. Loin de gérer son projet seul et sans structure, il doit composer avec une équipe, sa direction et certaines contraintes souvent liées au secteur d’activités de la société.

Le premier piège à éviter est donc pour commencer de ne donner aucun cap précis à son incubateur.

Doit-il permettre le développement de n’importe quelle idée ? Doit-il permettre la création de projets indépendants pour en faire de nouveaux partenaires et garder des parts de capital ? Il pourrait également se concentrer sur la réalisation de solutions innovantes à un problème spécifique de l’entreprise. Le but est tout de même de créer une culture d’entreprise nouvelle derrière laquelle rassembler toute une société. Faciliter l’innovation, ou l’émergence de nouvelles idées sont des objectifs trop flous pour être fédérateur.

Sanofi en créant son laboratoire de e-santé 39Bis a par exemple fait le choix de s’axer uniquement sur la digitalisation des services de santé.

Cela peut donner l’impression de limiter la créativité ou les opportunités mais c’est essentiel pour rassembler vos équipes et optimiser l’accompagnement.

C’est pour les mêmes raisons, que créer une charte claire et un cadre juridique précis est aussi essentiel. Les porteurs de projets doivent savoir clairement dans quoi ils s’embarquent. Vont-ils garder le contrôle sur le projet s’il aboutit ou au contraire céder la direction ? Quelles rémunérations peuvent-ils espérer de la réussite de leurs innovations ?

Les règles ainsi construites doivent être précises pour ne pas léser le créateur et suffisamment juste pour susciter de l’engouement.

 

Qu’avons-nous appris ?

 

Le point le plus important dans la mise en place d’un modèle intrapreneurial, c’est susciter l’adhésion des collaborateurs et de la direction.

L’entreprise doit adopter le bon état d’esprit pour créer l’environnement le plus bénéfique possible pour l’équipe porteuse de projet. Cela passe par tous les points vus précédemment ainsi que par le degré de liberté laissé aux intrapreneurs.

Temps de travail aménagé, soutien des équipes, formations, mise à disposition des moyens nécessaires : ils doivent se sentir mettre du projet et suffisamment capable pour le mener à bien.